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YEMI ALADE : MADAME JOHNNY

Yemi Eberechi Alade est née le 13 mars 1989, dans l’État d’Abia, au Nigeria. Son père James Alade est d’origine yoruba, sa mère Helen Uzoma est d’origine igbo. Elle est la cinquième d’une fratrie de sept enfants. Après une enfance en différents lieux au gré des affectations de son père, commissaire de police, sa famille s’installe à Lagos alors qu’elle est adolescente. « J’ai grandi en écoutant de tout, de la juju music de Sunny Adé à Whitney Houston », dit-elle. Elle y étudie, et poursuit des études supérieures en géographie à l’Université de Lagos.
Elle fait ses débuts musicaux à 16 ans dans un groupe de filles appelé Noty Épices en 2005, mais sa musique commence à devenir réellement populaire au Nigeria en 2009 suite à son succès dans l’émission de téléréalité, Peak Talent Show. Quelques mois plus tard, elle sort son premier single Fimisile sur le label Jus’ Kiddin.
En 2012, elle signe sur le label Effyzzie Music, et sort son single Ghen Ghen Love. En juillet 2013, elle publie la vidéo d’une chanson R&B plus romantique, « Bambou », produit par Fliptyce. Mais s’est au dernier trimestre de 2013, qu’elle bat des records et acquiert une notoriété internationale avec son tube Johnny, produit par Selebobo, divulgué sur internet. La chanson devient un hit en Tanzanie, Kenya, Ghana, Afrique du Sud, Libéria, Ouganda, Zimbabwe, et Royaume-Uni, entre autres. Il est répertorié comme l’un des meilleurs morceaux de l’année 2013, malgré sa sortie tardive dans l’année et l’absence d’une vidéo musicale.
Elle fait la couverture de plusieurs magazines et joue à travers le monde, partageant ponctuellement la scène avec Mary J. Blige, Becca, Shina Peters, Waje, etc. À travers son autodérision, ses thèmes (l’amour, la déception amoureuse, les bons plats, etc.), elle incarne la jeune femme africaine proche et joyeuse. Elle ouvre en 2013 le prix Headies (appelé de façon populaire le « Grammys nigérian »). Elle n’hésite pas à reprendre ses principaux succès dans différentes langues africaines, comme le swahili, prolongeant une tradition des chanteurs de ce continent. Elle reprend également certains titres en français.
En 2014, elle fait équipe avec le directeur de la photographie Clarence Peters et crée une vidéo musicale pour Johnny, publiée en mars. En 2014 toujours, elle rejoint M. I, Waje, Timi Dakolo, et Burna Boy pour interpréter la chanson de Port Harcourt Capitale Mondiale du Livre 2014 de l’UNESCO, dans le cadre d’un projet exhortant les jeunes à la lecture et à étudier. Peu de temps après, elle sort un nouveau single intitulé Tangerine.
Elle sort son premier album, King of Queens, le 2 octobre 2014, puis part en tournée. Son deuxième album studio, intitulé Mama Africa, est publié en mars 2016.
Les chiffres de ses ventes d’albums donnent autant le tournis que ses pas de danse et ses tenues bariolées affriolantes. La Nigériane Yemi Alade, est une superstar en Afrique. Son tube « Johnny » totalise près de 100 millions de vues sur Internet et des millions de fans la suivent sur les réseaux sociaux. Comme sa compatriote l’écrivaine Chimamanda Ngozi Adichie, Yemi Alade est devenue une icône pour les femmes du continent. Il faut dire qu’elle a son franc-parler.
A 28 ans, avec ses chorégraphies affolantes, sa coiffure sculpturale, et ses textes pleins d’humour, Yemi Alade incarne la liberté et l’indépendance dont rêvent toutes les femmes en Afrique.

Son surnom – « King of Queens » – vient du titre de son premier album. Yemi Alade est donc « le roi parmi les reines ». Ce qui mérite quelques explications. « C’est un état d’esprit. Une femme doit être capable d’être la meilleure, tout simplement. Il faut toujours vouloir être aussi forte que les hommes. » Cette philosophie, ajoute-t-elle, lui a vraiment « donné du courage en tant que femme : être forte, être indépendante. Aujourd’hui, je n’ai peur de rien ».
Même pas du président, serait-on tenté d’ajouter. En effet, quand le chef de l’Etat nigérian Muhammadu Buhari raconte qu’il préfère voir son épouse en cuisine, Yemi Alade l’interpelle. « La cuisine, ce n’est pas un « bureau » réservé aux femmes, plaisante-t-elle aujourd’hui. C’est un endroit pour préparer à manger, non ? Alors tout le monde peut l’utiliser. C’est injuste de dire que la cuisine, c’est la place des femmes. »
Yemi Alade est l’une des rares stars du Nigeria à se produire en France, toujours à guichets fermés. Il lui arrive parfois de chanter en français. Un clip a été tourné au pied de la tour Eiffel.
Yemi Alade est la seule artiste africaine présente sur le jeu vidéo Just Dance 2018, aux côtés de Lady Gaga ou Beyonce, excusez du peu. Elle est aussi l’une des rares chanteuses à avoir sa propre application mobile, un moyen de toucher directement le public et de couper l’herbe sous le pied à ceux qui piratent ses disques – le piratage étant un des fléaux du Nigeria. Mais c’est aussi un outil pour rester en contact avec des fans toujours plus nombreux. Un outil, direct, sans filtre, à l’image de Yemi Alade.

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