4 février 2019

Spectacle : “J’écris de profil“, quand la poésie nous met en face de notre réalité

Par Djéazi

« L’histoire ne parle plus, elle nous écoute », un vers qui tranche à la fois avec nos acquis et nous met face à nos responsabilités. Le 2 février dernier, le Palais de la Culture Bernard Dadié s’est paré de poésie, de mots esthétiquement crus. Sur la scène de la salle François Lougah, le poète-slameur Placide Konan pour son premier “One slam show“.
19h, le rideau rouge de la scène François Lougah dévoile une scène, des meubles, des livres, des chaises et tables… On est vraisemblablement dans une bibliothèque. Le décor invite à la curiosité, les spectateurs, debout et de profil, attendent que la poésie opère sa magie. Les premiers mots sont prononcés : « La couleur de ma peau est une robe pleine de sang pendue aux drapeaux de toutes les nations anti nègre, anti homme », le cœur du public est captivé, la parole peut se mettre en branle. On n’attend que ça !
Au fil des minutes, le tableau se dessine. Placide Konan, d’abord de profil puis face à son publique a égrainé son répertoire poétique. On a droit à des vérités crues pas tellement cachées mais que la conscience collective tente comme elle peut de contourner. Huit textes sont déclamés avec dextérité : « Je sais qu’un jour Dieu me dira pourquoi je suis noir », « l’histoire ne parle plus, elle nous écoute », « Didiga » – sont des invitations à la prise de conscience collective. Même si les textes sonnent en nous comme une autoflagellation, la beauté du travail passionné fascine.
On se délecte de « Roméo et Juliette », « J’écris de profil » et « Mon fils ». Le poète reste constant dans ce voyage engagé pour nous ramener à l’essentiel. La tolérance, l’espoir, la liberté et l’amour de ce qu’on est fondamentalement.
“J’écris de profil“ n’était pas qu’une succession de textes déclamés. Il y avait de la musique, de la danse et de l’art plastique. Une scène carrefour de la créativité et de la passion.
Et si Placide Konan a réussi ce paris sien, c’est bien parce qu’en la matière, il n’est pas novice. Au nombre de ses trophées on compte :
2015 – Lauréat de la télé réalité L’Ecole des poètes
Lauréat Prix Ivoirien de la création Poétique chez les jeunes
2016 – Lauréat du Concours National Vacances Cultures
Champion National de Slam Côte d’Ivoire
2017 – 2e Prix du Concours Slam Libre Ensemble des VIIIèmes jeux de la Francophonie

Commentaires